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Le vin en Sud Touraine


Carte, Vins, Touraine, Vignobles, Viticulture






Carte viticole d'Indre-et-Loire,

par Auguste CHAUVIGNÉ, 1912.










"Jamais homme noble ne hait le bon vin "

François Rabelais


Le vin dans le Lochois toute une histoire !

Qu'il soit rouge, blanc ou rosé, il a marqué notre territoire.

Il avait pourtant failli disparaitre, mais c'était sans compter la passion d'une poignée de femmes et d'hommes qui, aujourd'hui, font renaître cette activité en Sud Touraine.


Le vin, une histoire française


Amphore, vin, Nîmes
Vue partielle des dépôts dans l'une des tombes du Mas de Vignoles © V. Bel, Inrap

Il y a 1 million d'années, la vigne primitive (lambrusque) existait déjà dans le bassin méditerranéen.


La culture de la vigne s'étend à partir de la colonie grecque de Marseille, fondée vers -600 par les Phocéens.


La viticulture va se répandre ponctuellement le long du littoral de la Provence et du Languedoc.


À l'intérieur des terres gauloises, il faudra dépasser le IIIème siècle avant notre ère, pour que la grande majorité des Gaulois consomme le vin en dehors de festivités (notamment chez les Arvernes et Éduens).





La culture de la vigne s'étend vers la Gaule intérieure au cours du Ier siècle avant notre ère. Les Allobroges (habitant de la région de l'ancienne Gaule comprise entre le Rhône, l'Isère et le Lac Léman), puis les Bituriges Vivisques, à Bordeaux (à moins qu'il ne s'agisse des Bituriges Cubes, originaires du Berry) vont créer différentes variétés résistantes aux aléas climatiques.


L'expansion va rapidement concerner toute la Gaule, jusqu'en Normandie, grâce notamment à l'Empereur Probus. En effet, en 281 après JC, il met fin à l'édit de l'Empereur Domitien, qui avait limité le droit de cultiver de la vigne, et autorise les plantations dans toutes les provinces.


Une crise, aux origines diverses, va faire régresser la production de vin en Gaule entre le IVème siècle et le VIème siècle, avec l'abandon d'une partie des domaines et la reconversion des vignobles en terres de labours ou en pâturages, mais sans disparaitre totalement puisque la culture de la vigne est toujours attestée au VIème siècle.


Après la chute de l’Empire Romain en 476, la culture de la vigne se maintient dans le royaume des Francs, notamment grâce au travail des moines d'abbayes établis dans les campagnes.


Maraudeurs dans la vigne, chapiteau de la nef de l'église Saint-Pierre de Mozac, XIIe siècle. © Matthieu Perona

Au Moyen Âge, le vin de Touraine reste une production très localisée qui ne s’exporte pas jusqu’à la table des rois de France.


Ces vins sont même présentés sous des termes peu flatteurs dans un traité sur « la bataille des vins » écrit par Henri Andéli en 1224.


C'est le vin d'Orléans qui est gage de grande qualité.



Ville située à la croisée d'axes terrestres et fluviaux favorisant le commerce, le transport des marchandises, dotée d'une abondante batellerie, Orléans connaît à partir du XIème siècle un fort enrichissement grâce à la réussite de son vignoble.

À la fin du Moyen Âge, le vignoble orléanais est comparable, en puissance et en richesse, à celui du Bordelais au milieu du XXème siècle.


Ce n’est qu’à partir du XVIIème siècle que l’on constate l’apparition des vignobles de Touraine dans des documentations parisiennes.

La demande croissante du marché parisien qui se défait peu à peu des vignobles franciliens et de l’orléanais, l’amélioration des conditions d’échange, ainsi qu’un contexte réglementaire plus favorable, favorisent progressivement l’activité viticole en Touraine.


L'âge d'or du terroir lochois.

Loge de vigne, Touraine, vin, viticulture
Loge de vigne, Crouzilles, Touraine

Au XVIIIème siècle, les surfaces viticoles s’accroissent.

L’émergence d’un réel marché ainsi que la rentabilité du commerce du vin font se développer les parcelles cultivées.


Ceci n’est pas sans inquiéter les autorités, soucieuses de conserver un équilibre dans les productions agricoles et notamment celle du blé.


Ces autorités tentent donc de contrôler cette expansion par des arrêtés du Conseil d’État en 1725 et en 1731.


Les surfaces viticoles de la Touraine et du Lochois, continuent pour autant à se développer jusqu’à l’arrêt brutal en 1882, date de la crise du phylloxera.



Le 8 mars 1861, le sous-préfet de Chinon note pour l’arrondissement de Loches : « La plantation de vignes tend chaque jour à prendre un nouveau développement. La cause déterminante de cet accroissement est la plus-value qu’ont obtenue les vins depuis quelques années, ainsi que l’espoir des débouchés ouverts par le traité de commerce avec l’Angleterre. La vigne se plante sur les terres restées jusqu’alors sans culture ou trop maigres et n’ayant donné jusqu’alors que des résultats insuffisants en céréales. »


Le Lochois est donc bien en développement très important et la spéculation commerciale apparaît clairement comme le facteur premier de la progression de la viticulture en Touraine.


Pour autant, ce développement ne se fait pas de manière homogène sur tout le territoire, certains se spécialisent alors que d’autres restent plutôt sur de la polyculture.


Dans le Lochois, quelques domaines tirent leurs épingles du jeu.

Ainsi pour le concours de l’Exposition Universelle de Paris de 1878, on peut noter :


- Le Château Chanceaux : médaille de bronze à Paris


Sont médaillés également :


- Le Clos du Mai à Chanceaux-près-Loches,


- Château de Marolles, à Genillé,


- Les Clos du Temple, à Ferriere-Larçon,


- Chambertault et Malavisé, au Grand-Pressigny.


Ces vins étaient produits sur tout le Lochois :

- Montrésor,

- Le Liège,

- Loches,

- Perrusson,

- Saint-Jean-Saint-Germain,

- Chambourg-sur-Indre,

- Chédigny.


Ainsi la superficie des terres viticoles dans le Lochois comptabilisait 10 000 hectares.

En comparaison, le Chinonais en comptait seulement 5 000 hectares de plus.



La crise du Phylloxera

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Phylloxera (source Maison du Champagne)

En Touraine, cette expansion est stoppée nette avec l’arrivée du phylloxera en 1882.


Le phylloxera est un puceron arrivé des États-Unis, qui a détruit en quelques années une grande partie du vignoble français et a provoqué la disparation de cépages et de vignobles ancestraux.


Ce puceron existe d’abord sous forme de galle et vit sur les feuilles de vigne, puis, prenant une forme souterraine, il s’en prend aux racines et provoque la mort des souches en quelques années. Introduit accidentellement en France (dans des pieds de vignes américains), il s’est développé sur les vignes françaises et a provoqué une destruction massive puisqu’il a fallu arracher plus de deux millions et demi d’hectares.

Pour combattre ce fléau, plusieurs solutions ont été utilisées mais se sont, soit révélées inefficaces comme l’insecticide, soit impossible à mettre en place comme l’immersion des vignes en hiver pour noyer le puceron.


Les vignobles dévastés sont replantés pour partie en hybrides producteurs directs mais ils se sont révélés de qualité insuffisante. La seconde solution fut le cépage français greffé sur des pieds de vignes américaines résistantes au puceron. Les pieds permettaient de résister aux pucerons et les greffes permettaient de reconstituer le vignoble français avec un cépage de qualité qui avaient fait sa renommée.


Une fois le greffage mis au point, on replanta surtout dans les plaines fertiles et de nombreux petits domaines disparurent.


Ces nouveaux plants très vifs produisirent des récoltes très abondantes provoquant une nouvelle crise due à la surproduction. En 1935, Il est donc décidé de supprimer certaines sortes de cépages très productifs : Jacquez, Noah, Herbemont, Clinton, Isabelle et Othello sont interdits de vinification.


Ces cépages très utilisés pour l’autoconsommation, produisaient des vins à bas coût et peu réputés. Pour faire participer tout le monde à l’effort d’écoulement de la surproduction nationale, ces vins ont été accusés par les autorités de l’époque de rendre fou.


Vin, Touraine, Bossay-sur-Claise, Domaine du Ris
Vin rouge, Domaine du Ris, Bossay-sur-Claise, 2009.


Ces crises successives provoquent, à partir de 1930, une restructuration des vignobles en Touraine, se concentrant sur seulement certaines zones, le Lochois disparait pratiquement des cartes viticoles, seuls deux domaines résistèrent :

- le Château des Ponts, à Genillé,

- le Domaine du Ris, à Bossay-sur-Claise.



Le modèle économique sur lequel était bâtie l’expansion du vignoble tourangeau depuis le XVIIème siècle est détruit et doit être repensé.






La filière viticole innove pour inventer une nouvelle qualité mise à l’honneur par l’Institut national de l'origine et de la qualité (INAO) dès les années 1936-1938, avec la création des AOC Vouvray, Chinon, Bourgueil, St Nicolas-de-Bourgueil, Montlouis-sur-Loire et Touraine.


Pour autant, les petits vignobles communaux dédiés à l’autoconsommation ne disparaissent pas tout de suite.

En 1950 par exemple, à Chédigny, il est noté dans l’annuaire des Postes, Télégraphes et Téléphones « vignes » comme étant l’activité principale du village.

Dans nos campagnes, de nombreuses loges de vignes témoignent encore de ce riche passé viticole.


Toutes ces petites productions survivent, se rétractent et finalement les petits vignobles Lochois disparaissent peu à peu dans le courant des années 1960-1980.


La renaissance du vignoble Lochois


Tout comme le Phénix, l’histoire du vin dans le Lochois ne s'éteint jamais vraiment, elle s'écrit de nouveau, depuis quelques années.

Le réchauffement climatique, l’envie d’une poignée de passionnés font renaitre nos cuvées d’antan.


Sur moins d’une vingtaine d’hectares, au moins 5 viticulteurs relèvent ce défi :


- le Domaine de la Grenadière, à Montrésor avec 1,5 hectares,

production de 4 cuvées (rosé, pétillant rosé et deux vins rouges),


- le Domaine des Folies Douces, à Chemillé-sur-Indrois avec 9 hectares,

où les propriétaires font renaitre les parcelles ancestrales des moines chartreux de la Corroirie et de la Chartreuse du Liget,


- Sophie et Stéphane Crépin, à Loches et Chambourg-sur-Indre avec 1,5 hectares,

les vignes ont été plantées en 2018 (7 500 pieds) avec une moitié à Loches (cépage Chenin) et l’autre moitié à Chambourg-sur-Indre (Cépage Pinot Noir et Pineau d’Aunis). Premières vendanges en Septembre 2020 pour le « Chenin de Saint Jacques »

Malheureusement, l’année 2021 fut assez compliquée pour les vignes et les gelées n’ont pas épargnées les 2 parcelles. Pour la cuvée 2022, il y a aura donc du Chenin mais très peu de Pinot Noir et de Pinault d’Aunis.

Lieux de vente :

- directement au GAEC Saint-Paul

73 rue Saint-Jacques 37600 Loches

Tel : 06 08 15 10 38

- aux Flaveurs de La Terre, caviste à Loches.


- François Verdier, à Saint Hippolyte,


- Jean-Luc Marsais, à Saint-Jean Saint-Germain.


Chédigny renoue également avec son passé viticole depuis 2018, puisque des bénévoles ont planté 700 pieds de vigne (cépage Chenin) sur l'ancienne parcelle du presbytère, ainsi la vigne du curé renait sur les pentes ensoleillées de la commune aux 1000 rosiers.

Chédigny, vigne du curé (2018 - 2020)


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Le Chenin de Saint-Jacques, Sophie et Stéphane CREPIN GAEC Saint-Paul

Sources :

- Archéologie du Vin par l'INRAP,

- La vigne renaît en Sud Touraine ! par Loches Val de Loire,

- La viticulture depuis la crise du phylloxéra à la fin du XIXème siècle

par François GARNOTEL, Institut national de l’origine et de la qualité, 2010,

- Sophie et Stéphane CREPIN.

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